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Support physique et dématérialisation : Les deux faces d’une même pièce ?  

 

Dans le monde des jeux vidéo, les softs dans leur ensemble se présentent sous deux formes à l’heure actuelle : d’un coté, le format physique, avec de beaux DVD ou encore des Blu-ray rutilants. De l’autre, on trouve les jeux dématérialisés, téléchargeables sur Internet sur diverses plates-formes telles que Steam sur PC ou le Xbox Live et le PlayStation Network sur console. Le jeu dématérialisé a pris de l’ampleur ces dernières années pour diverses raisons. Les deux principaux faits qui ont permis l’explosion des jeux dématérialisés sont les suivants : tout d’abord, l’accessibilité facilitée aux jeux. Il est évident que le fait de ne pas avoir besoin de se déplacer pour acheter ses jeux, c’est quand même pratique, surtout si on a un coup de coeur sur un jeu un dimanche après-midi pluvieux. Le second argument en faveur de ces jeux téléchargeables est le retour des jeux indépendants, créés parfois par un seul homme, avec des principes accrocheurs et uniques. Certains joueurs apprécient beaucoup ce genre de démarche créative.  

 

Les acteurs du média vidéoludique ont une vision particulière de la dématérialisation.  

 

L’arrivée de ce mode de consommation des jeux et sa montée en puissance aux cours de ces dernières années a donné un effet considéré par certains comme pervers : les éditeurs de jeux ont vu dans la dématérialisation une façon de mettre à bas, à terme, le marché de l’occasion. Les éditeurs et par ricochet les constructeurs ont envisagé un temps de produire dans le futur des consoles totalement dématérialisées, qui s’affranchissent de tout support physique. A l’heure actuelle, ils ont fait marche arrière puisque le futur des consoles se fera avec des consoles hybrides, faisant cohabiter un support physique et la dématérialisation, sans doute sous la pression des développeurs de jeux et des joueurs eux-mêmes, mais également avec un retour à la réalité par rapport à la puissance et la rapidité des connexions Internet qui ne permettent pas encore de récupérer des jeux de plusieurs giga-octets facilement. Jusqu’à présent, un jeu dématérialisé était acheté neuf et il était impossible de le revendre. Un arrêté de la Cour de Justice de l’Union Européenne risque de changer la donne.

 

Le 3 juillet 2012, une date importante pour le jeu vidéo dans son ensemble.  

 

A cette date, la Cour de Justice de l’Union Européenne publie un arrêté qui précise les droits de l’auteur d’un logiciel ou d’un jeu que ses données soient vendus sur support physique ou en téléchargement. Pour faire simple, la Cour de Justice de l’Union Européenne précise que même si le logiciel ou le jeu est vendu en téléchargement, c’est l’acheteur, une fois qu’il a payé son bien, qui dispose de son achat et qu’il peut donc le revendre quelque soit son mode d’obtention. Bien sûr, ce n’est qu’une précision de la loi, suite au litige qui a opposé la société Oracle et UsedSoft qui revendait des licences Oracle d’occasion. Mais cette précision offre des champs d’action pour la revente par les joueurs de leurs jeux dématérialisés. Il est évident que pour le moment, la revente ne sera pas simple, puisqu’il faut trouver des systèmes simples pour les jouers pour le passage d’un jeu d’un utilisateur à un autre, mais aussi le transfert bancaire entre le vendeur et l’acheteur.  

 

Pour conclure, ce que je pense de tout cela.  

 

Bien évidemment, j’ai accueilli cette décision de la Cour de Justice Européenne avec enthousiasme. Etant un bon consommateur de jeux dématérialisés, savoir qu’à terme, je puisse acheter et revendre des jeux sur Xbox LivePlayStation Network ou encore Steam, savoir que ce sera possible à terme m’a fait bondir de joie. Cette joie passée, je me suis fait plusieurs réflexions : La première, je l’ai exposée plus haut, en me posant la question de mise en oeuvre du procédé. La seconde a été de me dire que les éditeurs, avec leur volonté de tuer le marché de l’occasion ont échoué. S’il est vrai qu’ils ne touchent pas un centime sur les jeux d’occasion, c’est aussi le cas pour n’importe quel bien culturel vendu d’occasion, que ce soit un livre ou un film par exemple. C’est donc une belle victoire pour les joueurs, mais aussi pour le média vidéoludique en général, qui a de bonnes chances de garder à terme l’un des pans les plus importants de ce secteur économiquement. Un joueur qui peut acheter des jeux d’occasion finit par acheter des jeux neufs, pour le bien de l’industrie tout entière. Je vous rappelle que ceci est un billet d’humeur qui émet un avis subjectif.  

 

Sources : Article sur le sujet | Communiqué de la Cour de Justice de L’Union Européenne

 

Vidéoludiquement vôtre,  

Utori